Loi anti-briseurs de grève : DHL Express suspend ses livraisons au pays
DHL Express Canada a interrompu ses activités tôt vendredi matin, stoppant des milliers de livraisons quotidiennes de colis partout au pays. Le syndicat Unifor a accusé l'entreprise d'avoir utilisé des briseurs de grève au beau milieu d'un débrayage et d'un lock-out. Cet arrêt de travail, qui touche 2100 chauffeurs, messagers, commis d'entrepôt et autres travailleurs, survient le jour même de l'entrée en vigueur de la loi fédérale interdisant le recours aux travailleurs de remplacement. DHL a lié cette interruption à l'impasse des négociations avec le syndicat Unifor ainsi qu'à la révision des règles, qui interdisent aux recrues de remplacer les employés sous réglementation fédérale en grève ou en lock-out. L'entreprise de messagerie allemande, dont les 50 000 clients au Canada incluent Lululemon, Shein et Siemens, a poursuivi ses activités pendant les douze premiers jours de l'arrêt de travail, mais a commencé à réduire ses activités plus tôt cette semaine à l'approche de la mise en vigueur de la loi. Daniel Cloutier, directeur québécois du syndicat Unifor, estime que l'arrêt complet des opérations de DHL constitue une manœuvre calculée. Selon lui, l'entreprise utilisait des travailleurs de remplacement depuis le début du conflit de travail. La présidente nationale d'Unifor, Lana Payne, a elle aussi affirmé que l'entreprise avait fait appel à des travailleurs de remplacement. Cette mesure était légale à l'époque, mais ne l'est plus à compter de vendredi. Holly Rockbrune, propriétaire d'une boutique d'antiquités en banlieue de Toronto, expédiait 40% de ses colis grâce à DHL. La plupart de ses clients sont aux États-Unis. Elle s'attend à ce que ses frais de livraison doublent avec d'autres fournisseurs, sans parler de temps de livraison plus longs. M. Cloutier reconnaît que la situation affecte les clients. Or, selon lui, DHL a le pouvoir de faire cesser la situation. La ministre fédérale de l'Emploi, Patty Hajdu, a indiqué qu'elle avait rencontré les deux parties mercredi après que DHL lui a demandé la semaine dernière d'intervenir en obligeant les travailleurs à reprendre le travail. Unifor réclame des DHL n'a pas répondu à notre demande de commentaire. Avec des informations de Marion Bérubé Avec les informations de La Presse canadienne et CBCUne tactique de négociation selon le syndicat
On pense que c'est une tactique de négociation, une espèce de tactique d'intimidation ou une manipulation
, a déclaré M. Cloutier lors d'une entrevue vendredi. Faut rappeler que DHL a lui-même choisi de mettre les travailleurs en lock-out.
Depuis ce jour-là, ils utilisent, on en est convaincu, des travailleuses et travailleurs de remplacement
, a-t-il affirmé.Impact sur les clients
Le plus gros problème est la frustration des consommateurs
, raconte-t-elle à CBC. Les colis vont prendre des semaines à arriver, particulièrement lorsqu'il y a des retards à la frontière pour l'inspection. Les colis sont ouverts et ne sont pas toujours bien réemballés.
S'ils veulent honorer leurs contrats, honorer leur image, ben je pense qu'ils ont intérêt à servir leurs clients. Puis pour ça il faut qu'ils concluent une entente [avec les syndiqués].
DHL a demandé à Ottawa d'intervenir
Soyons clairs : DHL n'est pas la victime dans cette affaire
, a déclaré Lana Payne dans un communiqué mercredi. L'entreprise a mis ses propres travailleuses et travailleurs en lock-out, les obligeant à déclencher une grève, et maintenant, elle veut que le gouvernement bafoue leur droit à la négociation collective.
salaires équitables
, accusant DHL d'avoir demandé d'importantes concessions
à ses membres, y compris des réductions de salaire et des façons de faciliter les mises à pied.
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